LE PARTENARIAT ENTREPRISES – O.N.G. (FR) / EN

De la théorie à la réalité

Dans la continuité du Sommet mondial de Copenhague pour le développement social (1995),plusieurs associations humanitaires (ONG), membres du Comité Permanent des ONG de l’UNESCO ont proposé de nouveaux partenariats à engager avec les entreprises.
C’est afin de promouvoir ce partenariat qu’a été fondée l’ASSOCIATION INTERNATIONALE POUR LE PARTENARIAT ENTREPRISES – O.N.G., l’A.I.P.E.O., dont l’objet est de susciter, dans le monde entier, la coopération et les échanges en vue de concourir au développement économique et social.

L’A.I.P.E.O. se propose de favoriser le regroupement des organisations nationales, régionales ou mondiales, associations humanitaires ou entreprises , ayant une vocation similaire, afin d’aboutir à des partenariats. Pour atteindre cet objectif, l’A.I.P.E.O. appelle tous ceux, personnes physiques ou morales, qui ont l’intention d’agir dans le sens de ses convictions.

En ont été ou en sont acteurs, entre autres, Rao Chelikani, président pendant de nombreuses années du Comité des O.N.G. de l’UNESCO, animateur de plusieurs ONG dont une s’occupe, en Inde, d’encourager les petites entreprises de taxis locaux, Jacqueline Fourastié, docteur ès-sciences et collaboratrice de Jean Fourastié, son père, l’économiste renommé, François de Tinguy, juriste économiste, qui a travaillé avec Jean Monnet et a été chef d’entreprises en Asie et au Gabon, et Christian Doat, conseiller et dirigeant d’entreprises.

Outre des réalisations pratiques, selon cet objectif, plusieurs colloques ont été organisés: en mai 1996, à Vichy, un colloque de 300 personnes sur le thème «Nouveaux Partenariats pour le développement : Entreprises et O.N.G.», qui a été complété par une journée d’études, le 16 mai 1997, un Congrès à Sophia-Antipolis du 15 au 17 février 2002., et le suivant le 3 juin 2003, au Palais d’Egmont, à Bruxelles; en 2006, un Colloque International en partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris(voir rapports). En 2007, l’AIPEO Canada a organisé au Sénégal en Casamance un colloque « Entreprenariat et Microfinance ».  En 2011,  à Bruxelles, ce fut un colloque sur « Entrepreneuriat, facteur clé du développement d’une économie africaine durable » et en 2013, à Bayonne : « L’innovation au service du développement local dans une Afrique en pleine mutations ». A Bruxelles encore, l’AIPEO prépare un colloque sur le « Rôle des entreprises dans le partenariat Eurafricain ».

DES PROJETS RENTABLES

Il n’y a pas de possibilités d’application des droits de l’homme sans développements. Cela ne peut se faire qu’avec les populations concernées, mais l’argent dépensé pour le développement ne parvient pas toujours -et de loin- au résultat escompté. Le temps du mécénat des entreprises en vue de soutenir l’action des O.N.G. est révolu. Les O.N.G. savent, qu’au-delà de la santé, de l’éducation ou de la formation, des investissements et des activités économiques rentables sont indispensables au développement. Les entreprises, dont la vocation première demeure la création de richesses, sont de plus en plus conscientes qu’il leur faut un environnement économique et social favorable pour prospérer dans les pays où elles sont implantées ou vers lesquels elles exportent.

UN PARTENARIAT A L’AVANTAGE DES DEUX PARTENAIRES

Il est donc essentiel de rapprocher ces deux acteurs de la société civile que sont les entreprises et les O.N.G.. La coopération, quand elle ne se limite pas au mécénat accordé aux ONG par des entreprises, mais qu’elle est comprise comme un véritable partenariat, est bénéfique aux deux parties : à l’entreprise, elle apporte une diversification et des retombées économiques(compte d’exploitation positif) et techniques(la connaissance du terrain que possède les ONG facilite l’innovation, la recherche et la formation du personnel local, les courants commerciaux, la sous-traitance), à l’ONG, elle apporte un sens des réalités économiques et des directions pour un développement durable. Des expériences concrètes le confirment.
Chacun doit conserver son rôle et sa spécificité. L’entreprise produit à l’intention d’une clientèle solvable, mais elle a une finalité sociale qui la rapproche des ONG et elle partage de plus en plus ses risques avec ses salariés. L’ONG se rapproche aussi de l’entreprise, car elle devra être de plus en plus rentable.
Pour se développer de manière harmonieuse et efficace, la coopération ONG et entreprises devra répondre à des règles claires :
– Elle devra s’exercer entre partenaires égaux et responsables.
– Elle devra tenir compte de la nature de chacun des intervenants : les associations ne peuvent devenir des agents commerciaux, les entreprises ne sont pas des agents de financement.
L’association oriente, les techniciens recherchent et adaptent, l’entreprise produit.